2 min de lecture

Les répétitions en réserve sont une décision, pas une sensation

S’arrêter deux répétitions avant l’échec ne sert que si la décision est prise avant la série, pas après. Comment utiliser les répétitions en réserve sans transformer chaque séance en devinette.

Les répétitions en réserve, ou RIR, sont la façon la plus simple de dire à quel point une série a été dure : combien de répétitions supplémentaires étaient possibles avant que la technique ne parte. Deux en réserve, c’est s’arrêter deux avant. Zéro, c’est que la suivante ne passait pas.

Bonne idée, mauvaise habitude collée avec : la plupart des gens s’en servent pour décrire après coup, alors que ça ne rapporte qu’en décidant avant.

Pourquoi le chiffre bouge

Note honnêtement ta dernière série et tu verras l’estimation dériver. En fin de séance, trois en réserve donnent la sensation d’une. En début, avec des jambes fraîches et un peu d’adrénaline, une en donne trois.

Cette dérive n’est pas un défaut personnel, elle est bien documentée, et elle se réduit avec l’expérience et avec la proximité de l’échec. Près de la limite, le corps envoie des signaux plus nets. À cinq répétitions de la fin, presque personne n’est juste.

Décider avant la série

La version utile est l’inverse : on choisit la cible, puis on choisit la charge censée y arriver.

  • Deux en réserve sur le mouvement principal, pour la plupart des séries de travail
  • Une ou zéro sur la dernière série seulement, et seulement sur les mouvements où l’échec est sans danger
  • Trois ou quatre sur tout ce qui est technique, ou la semaine de reprise après une coupure

L’intérêt, c’est que la charge devient la variable. Si la série se termine à quatre en réserve, la charge était légère et tu le sais avant la séance suivante, pas six semaines plus tard.

Ce que ça change en pratique

On arrête de courir après un nombre de répétitions pour courir après une distance à l’échec. Le nombre de répétitions suit. Un bon jour, la même charge donne une répétition de plus au même effort, et c’est exactement le signal qu’on cherchait.

Le noter sans cérémonie

Le RIR ne tient que s’il survit à une vraie séance. Un chiffre par série de travail, pris pendant le repos, à côté de la charge et des répétitions. Rien d’autre.

C’est tout l’intérêt du suivi : pas une archive de ce qu’on a fait, mais le seul chiffre dont on a besoin sous les yeux au moment de décider la série suivante.

Sujets : bases de l’entraînement · intensité

Tous les articles